Une archéologie de la transparence : découvrez les 4000 plaques de verre en ligne
Le projet EFA Archéologie de la transparence, lauréat 2023 de l’appel Valorisation des collections scientifiques patrimoniales du MESR, est à présent achevé. Ce projet a permis de décrire et/ou de numériser une série de plus de 4 000 plaques de verre, et de les mettre en ligne sur la base de gestion des archives de l’EFA Archimage. Nous vous invitons à parcourir cette collection via ce lien.
Pour en savoir plus sur le projet
Plusieurs séries avaient été prises en compte : les photographies prises par J. Chamonard (1866-1936), R. Vallois (1882-1962) et les plaques de verre issues des fouilles historiques de Délos. Ce corpus peut être appréhendé selon plusieurs entrées : géographique, technique ou encore humaine.
Une histoire des techniques photographiques
La photographie sur plaque de verre débute fin du 19e s. et sera en usage jusque dans les années 1950. La collection Archéologie de la transparence révèle une diversité de formats et de techniques. La majorité des pièces est constituée de négatifs sur plaque au gélatino-bromure d’argent, mais d’autres exemples, tels que diapositives sur plaque de verre, autochromes ou encore vues stéréoscopiques côtoient leurs boîtes originales. Enfin, des appareils d’époque ayant servi à capter les vues sur le verre ont été étudiés.
Diapositives sur verre
Les diapositives sont des vues positives destinées à la projection dans un cadre souvent pédagogique.

Accédez aux diapositives sur verre
Plaques de verre stéréoscopiques
Les plaques de verre stéréoscopiques fixent deux versions légèrement décalées d’une même image sur le support. Un appareil (le stéréoscope), à travers deux viseurs, permettait à chaque oeil de visionner les vues de manière isolée. L’effet de relief est créé par le cerveau en combinant les deux vues en un seul modèle donnant une impression tridimensionnelle.

Accédez aux images stéréoscopiques
Autochromes
L’autochrome est une photographie couleur. Même si d’autres techniques restituant la couleur ont été inventées avant celle-ci, les plaques autochromes sont les premières à avoir réellement rencontré un succès commercial, et ce à partir de 1907. Elles seront en usage jusqu’à l’avènement de l’Ektachrome et l’Agfacolor.
Près de 80 autochromes sont conservés dans les fonds J. Chamonard, qui les utilisera principalement pour les monuments antiques d’Athènes et de Délos.


Accédez aux plaques autochromes
Parcours géographique
Les vues de nombreux sites, villes et villages ont été fixées sur les plaques de verre retenues dans le cadre de ce projet. Ceux de Grèce sont de loin les plus présents.
Attique
Plus de 80 vues d’Athènes et Égine sont à découvrir, pour l’essentiel captées par J. Chamonard au début du 20e s. Quelques plaques plus récentes de R. Vallois les complètent.


Accédez aux images de l’Attique
Focus sur les Cyclades
Parmi les sites de Grèce, plusieurs îles sont présentes.
Théra figurait parmi les premiers sites étudiés par l’EFA : des campagnes de fouilles à Santorin sont réalisées par H. Gorceix (1842-1919) et H. Mamet (1845-1891) en 1869-1871 durant la direction d’É. Burnouf, avant que l’EFA ne débute les fouilles à Délos. Plus de quarante années plus tard, J. Chamonard visite l’île et capte l’ambiance du site et des habitants.

Accédez aux images de Santorin
Il visitera également Naxos et Tragonisi.
D’autres îles figurent dans les voyages de R. Vallois, comme celle de Syros et Tinos.


Mais c’est l‘île de Délos (et, dans un moindre mesure, ses îles voisines), qui est la plus représentée ici en raison des fouilles effectuées par l’EFA sur le site depuis 1873. Parmi les auteurs des plaques de verre, d’autres noms apparaissent aux côtés de J. Chamonard et R. Vallois : F. Courby (1878-1932), L. Couve (1866-1900), A. Laumonier (1896-1988), Ch. Picard (1883-1965), A. Plassart (1889-1978), J. Replat (1861-1933) et P. Roussel (1881-1945).


Delphes
Delphes, dont le site est fouillé par l’EFA depuis 1892, a été photographié par J. Chamonard, peut-être lors de ses fonctions de secrétaire général de l’École.

Scènes de vie
La collection donne aussi à voir un instantané des fouilles en cours, en présence des différents acteurs.


Mais au-delà de l’archéologie, de nombreuses vues nous montrent la vie quotidienne des chercheurs et celle des habitants des lieux parcourus.





Conclusion
Grâce au financement du MESR, ce projet nous a permis de rendre visible une collection exceptionnelle, tant par la richesse et l’esthétisme des prises de vues (archéologues-photographes), les techniques photographiques qu’elle documente (séries d’autochromes parmi les plus anciens pour la Grèce), que par le potentiel d’exploitation scientifique que celle-ci autorise. Elle répond à la politique Science ouverte impulsée par l’École et consultable en ligne.
Outre l’impact sur les recherches en cours, au sein de l’EFA et dans d’autres structures partenaires, cette collection pourra être appréciée par un public élargi, dans une démarche Science et sociétés. Au-delà de la communauté académique, toute personne peut en effet réutiliser les descriptions et les images associées sous licence Creative Commons Attribution-NonCommercial-ShareAlike 4.0. Les nombreuses fonctionnalités de la base Archimage permettent, au sein de chaque notice, de télécharger des fichiers et exporter des descriptions sous différents formats, et offre des outils d’insertion directe pour des sites internet et publications numériques extérieures à l’EFA.
Vous avez apprécié les images ? Vous souhaitez apporter des précisions ou des corrections aux descriptions ? N’hésitez pas à nous contacter via ce formulaire.
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Marie Stahl (14 avril 2025). Une archéologie de la transparence : découvrez les 4000 plaques de verre en ligne. ArchivEFE. Consulté le 6 août 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/13qxx